Il m’avait dit…

Une pièce de Françoise Olivier

Avec Carole Prélati

La pièce est à la fois un récit contemporain, un voyage, une quête, une mosaïque musicale, chorégraphique et poétique. Héroïne de la vie courante, cette femme nous raconte son parcours singulier empreint de douleurs intimes, de violences subies sous le joug de son compagnon. Une résilience incroyable s’ouvre devant elle !
Le public est embarqué dans les méandres d’une mémoire traumatique qui s’allume sous leurs yeux. Une histoire salvatrice et vivifiante pour mieux rendre la violence palpable sans jamais pour autant se départir de la tendresse et de la joie.
En 2024, 93 femmes sont mortes sous les coups et violences de leurs compagnons, époux ou ex conjoints. Parmi toutes ces victimes, n’oublions pas : Asmina, Ghislaine, Antonia étranglées avec une ceinture ; Véronique, Michelle, Magali, Martine, Leila abattues avec un fusil de chasse ; Brigitte, asphyxiée ; Bernadette, Lucie, Paulette, Isabelle battues à mort avec une barre de fer ; Cynthia, brûlée vive ; Samantha, jetée dans la Seine.

Comment révéler la violence conjugale par le biais du théâtre :
En pénétrant dans la salle de spectacle, là où les lumières se tamisent et les murmures s’estompent, nous entrons dans un monde où la réalité et la fiction se confondent pour éclairer cette vérité encore trop souvent enfouie sous le tapis d’une société aveugle.La violence conjugale émerge ici comme un spectre terrifiant que nous avons eu le courage et le devoir d’exposer. La scène devient alors un miroir grossissant des souffrances silencieuses et des cris étouffés derrière des portes closes d’une femme violentée par son conjoint.
À travers une performance poignante, la comédienne Carole Prélati offre sa voix à celles qui en sont privées. Elle dévoile les mécanismes insidieux du contrôle, de la manipulation de son conjoint. Ce « seule en scène », par son immédiateté et sa capacité à toucher l’âme, permet de faire ressentir l’ampleur de ce drame au-delà des statistiques froides. Il nous pousse à ressentir l’empathie pour les victimes et à comprendre les dynamiques complexes qui permettent à la violence de persister.
Ce spectacle nous a paru essentiel pour briser une certaine forme de silence et provoquer un éveil des consciences. La violence conjugale n’est pas une affaire privée mais une question de société qui nous concerne tous. Nous avons l’espoir et l’ambition que chaque spectateur, en quittant la salle, emporte avec lui un fragment de cette réalité et l’impulsion de ne plus jamais détourner le regard.
Le théâtre ne se contente pas toujours de divertir. Il peut aussi informer, sensibiliser et appeler à la réflexion.

Dossier de presse

Captation vidéo disponible sur simple demande.

Article de presse
Les Arts Liants
https://www.lesartsliants.fr
Fanny Inesta


Sur l’affiche, un visage de femme semble fendu comme une terre sèche. Les craquelures racontent déjà ce que les mots taisent encore. Tout est là : la fragilité, la violence subie, mais aussi cette obstination à rester debout. L’histoire du spectacle se lit presque dans cette image : une existence brisée, puis lentement recollée. Il m’avait dit… s’ouvre ainsi, comme on entrouvre une mémoire longtemps restée sous clé.
Au début du spectacle, Carole Prélati apparaît vêtue d’une robe noire, simplement traversée par une écharpe rouge nouée autour du cou. Une touche vive dans l’obscurité, comme la trace d’une passion brûlante ou d’une blessure encore à vif. Au fil du récit, l’écharpe disparaît presque sans que l’on s’en aperçoive. : celui d’un lien qui se défait, d’une emprise qui se relâche peu à peu…
Seule en scène, Carole Prélati remonte le fil d’un amour qui commence tel un vertige. Elle a vingt ans, une jeune fille ordinaire, l’âge des promesses et des enthousiasmes absolus. Lui est un comédien reconnu, charismatique, de ceux dont la présence suffit à aimanter une salle. « Beau comme un dieu », dit-elle avec un sourire, avant d’ajouter qu’il lui rappelait Gérard Philippe. Comment ne pas tomber amoureuse ? Le coup de foudre est immédiat.
Au début, tout ressemble à un conte. Puis, imperceptiblement, quelque chose se fissure.
Les remarques deviennent plus dures. Les critiques plus fréquentes. L’homme admiré se transforme peu à peu en juge permanent. Carole Prélati raconte la lente emprise, les mots qui enferment, les gestes qui isolent. Il dénigre, rabaisse, corrige, humilie. La peur s’installe. Une lente entreprise de démolition qui avance masquée derrière les mots et parfois les coups.
Amoureuse, la jeune femme accepte tout. Elle renonce à ses propres cours de théâtre, s’efface, dit oui, toujours oui. Par amour, croit-elle. Parce qu’à vingt ans, on confond parfois l’abandon de soi avec la preuve la plus pure du sentiment. Le spectacle suit ce glissement avec précision et avance par fragments, comme si les souvenirs remontaient par vagues. La parole se mêle à la musique et au mouvement. Certaines chansons surgissent comme des déflagrations. Interprétée par Camille Lellouche, Carole Prélati y danse avec des gestes heurtés, nerveux, comme si le corps exprimait enfin ce que les mots ont longtemps retenu. Les bras se crispent, les épaules se referment, puis se rouvrent dans un mouvement fragile de résistance. La voix grave d’Arthur H, avec La Boxeuse amoureuse, enveloppe l’espace. La comédienne ralentit le mouvement, laisse flotter ses gestes dans l’air. On y devine la fatigue, mais aussi une dignité retrouvée. Car un jour, quelque chose bascule, comme un réveil. Une prise de conscience qui remet le monde à l’endroit. La femme qui racontait son effacement commence alors à se redresser, à reprendre sa voix, à réhabiter son propre corps.

Le jeu de Carole Prélati est intensément habité, elle traverse les émotions avec sincérité. Sa voix peut se faire murmure, confidence fragile, puis soudain éclater en cris brefs, fulgurants, comme des décharges électriques qui traversent la scène. Ces surgissements brisent le silence et rappellent brutalement la violence enfouie derrière le récit. On sent un corps engagé tout entier, un jeu physique où la parole et le mouvement ne font plus qu’un.
La mise en scène de Françoise Olivier accompagne cette traversée avec sobriété dans une proximité avec le public. On écoute, on comprend.
Il m’avait dit… éclaire les mécanismes insidieux de l’emprise et rappelle que la violence conjugale n’est pas une fiction mais une réalité hélas bien présente. Combien d’histoires comme celle-ci continuent encore de se jouer derrière des portes closes ? Et pourtant, malgré la gravité du sujet, quelque chose de lumineux demeure : la preuve que la reconstruction est possible, et que la parole, une fois libérée, peut devenir un formidable geste de vie.


Fanny Inesta


Article de presse
Théâtrothèque
Geneviève Brissot  

Un seul en scène qui réveille

Elle est amoureuse, un coup de foudre ! Elle s’installe avec lui. Elle dit oui à tout, elle l’aime, elle dit oui à tout, elle a peur. Et l’enfer commence. Et un jour, elle sursaute, prend une décision ferme, précise et définitive.
L’héroïne nous embarque dans son chemin de vie, semé de coups, de peur, d’amour et de résurrection.
Bravo à elle, nous sommes scotchés sur ses mots. Elle est sublime et surtout donne de l’espoir à toutes ces femmes silencieuses.
L’autrice Françoise Olivier a su trouver les phrases qui nous font comprendre combien la souffrance est souvent difficile à dire, et surtout prendre une décision !
Bravo à l’équipe, merci à elle de nous informer, de nous sensibiliser et surtout nous faire comprendre, et agir.

Geneviève Brissot  

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